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mercredi 24 novembre 2010

Filmiscopie : Sahib Bibi Aur Ghulam (1962)

Affiche glacée originale 
Attention chef-d'œuvre du cinéma ! 
J'ai longuement réfléchi avant de m'attaquer à ce film que j'aime tant, véritable morceau d'anthologie du cinéma hindi. 
Mes textes et les images ne pourront pas rendre justice à Sahib Bibi Aur Ghulam (Maître, maîtresse et serviteur). J'ai néanmoins choisi de le raconter pour vous donner envie de le voir, si vous ne connaissez pas encore ce film .

Tiré du roman bengali Saheb Bibi Golam de Bimal Mitra, ce film, réalisé en 1962 par Abrar Alvi, dialoguiste habituel de Guru Dutt, possède un fort parfum de Guru Dutt ; à croire que c'est lui qui l'a réalisé, et pas seulement produit.

Quoi qu'il en soit, la seule vérité c'est que Sahib Bibi aur Ghulam est un film mythique auquel les noms de Meena Kumari, Guru Dutt et Waheeda Rehman resteront à jamais attachés. Mais c'est Abrar Alvi qui gagne le Filmfare du meilleur réalisateur. Guru Dutt reçoit celui du meilleur film, et Meena Kumari celui de la meilleure actrice.
Ce ne sont pas toujours les récompenses qui font la valeur d'un film. Ici, on ne peut qu'approuver et être fasciné par le talent de tragédienne de Meena Kumari et la beauté de l'image en noir et blanc (une récompense supplémentaire pour le chef opérateur, V.K. Murthy, fidèle de Guru Dutt).

Quelques points doivent être décryptés. Aussi j'ai ajouté des commentaires à l'intérieur même du texte, en plus petit et entre crochets, pour vous permettre de mieux comprendre certaines situations.

J'ai choisi des vidéos généralement sous-titrées en anglais pour mesurer combien les paroles des chansons peuvent être considérées comme partie intégrante des dialogues.


Réalisateur
Abrar Alvi
Producteur
Guru Dutt
Chef opérateur
V.K. Murthy
Dialoguiste
Abrar Alvi
Parolier
Shakeel Badayuni
Compositeur
Hemant Kumar
Chanteurs 
Geeta Dutt, Asha Bhosle, Hemant Kumar
Chorégraphes
Sohanlal, Sudarshan Kumar

Etant donné que certains noms de personnages se ressemblent, je vous ai fait un trombinoscope des acteurs principaux avec leurs nom et rôle dans le film. C'est François qui a dégoté la méthode. Il est fort !



Meena Kumari
Chhoti Bahu
(épouse de Chhote Babu)

Waheeda Rehman
Jaba
(fille de Suvinoy Babu)

Rehman
Chhote Babu
(époux de Chhoti Bahu)

Guru Dutt
Bhoothnath
(employé de Suvinoy Babu)

Sapru
Majhle Babu
(frère aîné de Chhote Babu)

Nazir Husein
Suvinoy Babu
(père de Jaba, employeur de Bhoothnath)

*
*   *



A Calcutta au début du XXe siècle
Un architecte d'une quarantaine d'années, Bhoothnath, dirige les travaux de démolition d'un haveli (palais) de Calcutta.



D'abord intrigué par la familiarité de ce lieu en ruine, il l'observe et finit par réaliser que c'est ici même qu'il avait trouvé son premier emploi, il y a vingt ans.


Début du flash-back


A son arrivée, il fut ébloui par le palais et l'agitation qui y régnait ; il ne connaissait pas la ville de Calcutta, lui, le villageois bengali de basse caste, riche de son éducation. Intimidité par le luxe, il regardait avec curiosité les calèches, les chevaux et les serviteurs qui s'affairaient dans la cour.


Son ami, le précepteur de la maison, qui l'avait fait venir, vint lui souhaiter la bienvenue dans ce monde nouveau.


Dans sa chambre, il lui expliqua qu'il allait travailler à la Mohini Sindoor Company, rattachée à la demeure
Sindoor ? Mais c'est un travail pour les femmes ! s'écria Bhoothnath, un peu fâché de l'offre.
[Le sindoor, de couleur vermillon, est la poudre que les femmes hindoues mariées portent dans la raie des cheveux.]


– Mais tu auras un bon salaire de 7 roupies et un repas par jour, répondit le précepteur. Le propriétaire est un brahmo, un homme bon et intègre
[Le mouvement brahmo, d'abord bengali, prônait l'œucuménisme, l'émancipation des femmes et l'abolition des castes, à l'encontre de l'hindouisme.]
– Un brahmo ? Mais c'est un intouchable ! Comment pourrais-je manger leur cuisine ?
– Ne t'inquiète pas, ils ont un cuisinier de notre caste. 
[Les hindous orthodoxes ne mangent que des repas préparés par un cuisinier de caste supérieure.]

*
*   *

Appelé à d'autres tâches, le précepteur quitta un Bhoothnath déjà étourdi par ces premières nouvelles, et qui vit arriver dans sa chambre Bansi, l'un des domestiques, prêt à lui raconter les ragots de la maison.


– Regardez dans la cour, c'est Chhote Babu, le jeune maître, qui part en calèche comme tous les soirs. Vous savez où il va ? C'est à cause de lui, tous les problèmes ici... mais je vous raconterai tout plus tard, je n'ai pas le temps, j'ai trop de travail...
Bhoothnath put enfin se coucher, et croyant rêver éveillé sur son lit, il entendit dans la nuit la voix d'une femme qui pleurait sa solitude.

Chanson Koi Door Se Aawaaz De Chalo Aao interprétée par Geeta Dutt 

*
*   *

Le lendemain, Bhoothnath rencontra son futur employeur, Suvinoy Babu, dans le salon de thé.
Ce dernier, qui bavardait avec le précepteur, obligea Bhoothnath à s'asseoir dans un fauteuil, alors qu'il avait l'habitude de s'asseoir par terre, comme sa caste l'exigeait. Il en était tout gêné.


Il fut engagé dans l'usine de sindoor, sous l'œil narquois d'une jeune femme présente dans la pièce. Quand il avait dit que son nom était Bhoothnath, elle avait étouffé un rire dans son mouchoir... Pendant la conversation, il avait compris que c'était Jaba, la fille de Suvinoy, son employeur ; elle lui semblait des plus impertinente.


Dans la journée, Bhoothnath aperçut Majhle Babu (maître aîné) qui fit une apparition rapide sur le balcon pour lancer brutalement ses hommes de main sur un fermier lui réclamant les terres qu'il lui avait volées.


Le soir même, Majhle Babu organisait, avec tout l'apparat de sa condition de propriétaire terrien, le mariage de son chat avec une chatte achetée en Perse à prix d'or. Tous s'extasaient sur la beauté de cet animal qui allait rendre leurs voisins fous de jalousie...


– Un mariage de chats ? Quelle chose bizarre, pensa Bhoothnath qui observait la scène de loin.
Quand Bansi réapparut, ce fut pour terminer le récit commencé la veille.
– Le jeune maître, Chhote Babu, s'adonne à l'alcool... vous avez vu... il rentre tous les matins vers 5 heures, et c'est moi qui m'occupe de lui.
– Mais où passe-t-il ses nuits ? demanda innocemment Bhoothnath.

Chanson Meri Jaan interprétée par Asha Bhosle, dansée par Bimla Kumari


*
*   * 

Jaba s'exerçait au piano quand Bhoothnath entra dans la pièce pour lui demander son avis sur le texte d'une publicité à faire paraître sur le sindoor Mohini.


Elle lui répondit d'une ton vif qu'elle allait s'en occuper personnellement, ce qui ne plut pas à Bhoothnath qui finit par noter consciencieusement tous les bienfaits attribués au produit, en particulier celui d'attirer et de retenir les maris. Décidément, cette Jaba lui était insupportable.


*
*   *
Alors que Bhoothnath vaquait dans sa chambre, Bansi vint silencieusement le voir.
Chhoti Bahu (petite belle-fille) aimerait vous rencontrer dans sa chambre ce soir...
– Comment ça ? Moi ? Mais je suis un homme... ce n'est pas possible !
– Ne vous inquiétez pas, je vous emmènerai très discrètement, lui assura Bansi.

Chanson Bhanwara Bada Naadaan interprétée par Asha Bhosle

Quand Bhoothnath entra contre son gré dans la chambre de Chhoti Bahu, il baissait les yeux, et c'est ainsi que sa première vision furent ses pieds richement ornés de bagues et de bracelets, et le bas de son sari brodé.


– Assieds-toi, dit Chhoti Bahu pendant qu'on glissait à Bhoothnath un petit tapis sur le sol. Comment dois-je t'appeler ?
– Bhoothnath...
– C'est un beau nom, dit-elle doucement. Appelle-moi Chhoti Bahu...
Bhoothnath finit par relever la tête et resta pétrifié devant la plus belle femme qu'il ait jamais vue.


– Tu travailles pour Mohini Sindoor, paraît-il ?



– Oui, mais... je ne m'entends pas très bien avec cette fille... Jaba. Elle a la langue acérée... Oh, pardon ! Je vous parle comme si nous nous connaissions depuis longtemps. Je vais vous laisser, il est tard...
– Tard ? Tu ne connais donc pas les habitudes de la maison ? demanda-t-elle d'un ton amer. Le jour, on dort, et la nuit, on reste éveillés ! Tu pourrais m'aider à résoudre cette situation...
Et Chhoti Bahu se dirigea lentement vers la console, prit une pièce dans une cassette et la remit à Bhoothnath, étonné.


– Voici de l'argent pour m'acheter une boîte de sindoor. A-t-il vraiment de l'effet ? Renseigne-toi discrètement, et n'en parle pas à Jaba... elle est célibataire et ne comprendrait pas. Seule une épouse malheureuse peut comprendre mon sort. Reviens demain, je t'attendrai.
En repartant vers sa chambre, Bhoothnath fut témoin d'un bien étrange spectacle dans le salon de musique.

Chanson Saakhiya Aaj Mujhe Neend Nahin Aayegi interprétée par Asha Bhosle, 
dansée par Minoo Mumtaz, sœur de l'acteur Mehmood.

*
*   *

Le lendemain soir, Bhoothnath livra la boîte de sindoor à Choti Bahu qui lui confia comme l'absence de son mari lui était une malédiction.
 – Bansi ! appela-t-elle, demande à Chhote Babu de venir dans ma chambre... dès qu'il se réveillera. Dis-lui que je suis malade, que je n'ai rien mangé ni bu depuis la nuit dernière.
Et se tournant vers Bhoothnath :
– J'espère que le sindoor aura de l'effet...
– Ne vous inquiétez pas, je me suis renseigné...
– Vraiment ? Je le sens aussi dans mon cœur. Je te serai reconnaissante toute ma vie, ajouta-t-elle, les yeux brillants d'espoir.


Quand Bhoothnath fut sorti, Chhoti Bahu commença à se parer en attendant l'arrivée de son époux.

Chanson Piya Aiso Jiya Mein Samaaye Gayo Re interprétée par Geeta Dutt, 

Chhote Babu entra brusquement dans la chambre de sa femme.
– Pourquoi m'as-tu fait venir ? demanda-t-il en colère
– Pour que vous me regardiez au moins une fois... et n'avez-vous pas des devoirs envers moi ? murmura-t-elle.


– Un homme n'a pas de leçon à recevoir d'une femme, jeta-t-il en se dirigeant rapidement vers la porte.

*
*   *

Blessé à la jambe par une balle anglaise en pleine ville, Bhoothnath se réveilla sur un lit, tandis que Jaba s'affairait autour de lui.
– Elle est belle, Chhoti Bahu ? Même inconscient, vous n'avez cessé de répéter son nom, reprocha Jaba.


– Ma Chhoti Bahu est plus belle que tout ce qu'on peut imaginer, répondit-il rêveusement.
– Arrêtez donc de parler d'elle ! Tiens, tiens, Chhote Babu sort encore ce soir, remarqua Jaba.
Bhoothnath se redressa sur son lit en pensant : " Mais alors, le sindoor... le sindoor n'a pas eu d'effet ! C'est ma faute, tout est ma faute, je vais partir..."

*
*   *

Cherchant Bansi, Chhote Babu entra dans la chambre de Chhoti Bahu. Elle profita de cette occasion inespérée :
– Je vous en prie, restez avec moi ce soir, je pourrai vous servir...
Il rit méchamment :
 – Je suis du clan des Chaudhury, du sang chaud coule dans mes veines. Les épouses ne peuvent pas éteindre ce feu !


– Je ne suis pas comme les autres, se défendit Chhoti Bahu. Je suis d'une famille modeste, et je ferai n'importe quoi pour faire plaisir à mon mari. N'importe quoi...
– N'importe quoi ? Tu pourrais chanter et m'ensorceler comme Chunni Desi, la courtisane... Tu pourrais boire avec moi ? demanda-t-il
– Boire ? souffla-t-elle avec une lueur d'horreur dans les yeux.
[Boire de l'alcool était considéré comme un acte extrêmement humiliant, surtout pour une femme.]

*
*   *

La nuit, Bhoothnath fut demandé dans la chambre de Chhoti Bahu. Elle l'attendait dans l'obscurité.
– Je dois te demander une faveur. Je suis tombée très bas... Achète-moi une bouteille d'alcool... mais garde le secret. Il faut que je boive pour le servir comme il aime... il veut que je boive avec lui...
Bhoothnath était sur le point de refuser.
– Tu as promis de m'aider, rends-moi ce service, implora-t-elle.
Et quelques heures plus tard, Bhoothnath s'exécuta.


*
*   *
Le lendemain soir, alors que Chhote Babu était dans sa chambre de son épouse, Chhoti Bahu s'apprêta à le rejoindre après une courte prière.
Il était déjà ivre et lui tendait un verre d'alcool qu'elle repoussa à plus tard.
– Tiens, bois, tu seras encore plus belle, insista-t-il. Et il l'obligea à avaler quelques gorgées qu'elle eut du mal à supporter.


*
*   *
Quand Bhoothnath rentra de sa courte absence, il trouva Suvinoy Babu alité.
– Bhoothnath, je suis heureux de vous revoir. Il faut que je vous dise... j'ai dû fermer l'usine de sindoor. Pour vous dédommager, voici 500 roupies... et prenez cette lettre pour l'entrepreneur, Roopchand Babu... il vous donnera un bon travail. 


– Et... encore une chose. Ma santé est fragile, et Jaba, ma fille unique, est en âge de se marier. Je voudrais que tout soit terminé le mois prochain. Occupez-vous des préparatifs, je lui ai trouvé un bon mari.
Pris de court par la nouvelle, Bhoothnath ne put qu'acquiescer, sans savoir que Jaba, qui s'était éclipsée en entendant parler de son mariage, se désolait derrière le rideau.

Chanson Meri Baat interprétée par Asha Bhosle

*
*   *

Les retrouvailles avec Chhoti Bahu furent terribles. Elle était ivre, les bouteilles d'alcool vides s'alignaient sur le coffre-fort où Bhoothnath venait déposer son argent. Incapable de se tenir sur ses jambes, elle laissa Bhoothnath ranger son pécule dans le coffre où pièces d'or et bijoux s'amoncelaient.


Les semonces de Bhoothnath ne firent que la mettre en furie, et il dut fuir sa colère devant son impuissance à la raisonner.

*
*   *

– Ton plan est excellent, tu as vite appris, dit Roopchand Babu, l'entrepreneur qui employait maintenant Bhoothnath. Je vais t'envoyer quelques mois sur un important chantier... Au fait, tu sais que Suvinoy Babu est très malade ? Tu devrais lui rendre visite dès maintenant. Va le voir.
En arrivant chez Suvinoy Babu, Bhoothnath fut accueilli par Jaba.


– Baba est mort... Juste avant, il m'a révélé que j'avais été mariée quand j'avais un an... alors, j'ai renvoyé mon fiancé.

*
*   *

–  Vous voulez sortir ? demanda Chhoti Bahu à son mari.
– Je suffoque dans cette chambre depuis des semaines. Il me faut du changement, répondit son époux.
– Vous n'êtes pas content de moi ? Oubliez que je suis votre femme, prenez-moi dans votre harem... donnez-moi aussi un autre nom, comme à ces femmes...

Chanson Na Jao Saiyan interprétée par Geeta Dutt

*
*   *
Au bout de quelques mois, Bhoothnath rentra du chantier où Roopchand Babu l'avait envoyé comme contremaître.
Le haveli était méconnaissable, presque en décrépitude.
– Que s'est-il passé ? demanda Bhoothnath en voyant Bansi accourir.
– Les maîtres ont fait des investissements sans vérifier. Les terres à charbon n'avaient du charbon qu'en surface ! Maintenant, plus rien n'est entretenu ; les calèches, les chevaux, tout a été vendu... je n'ai pas été payé depuis 7 mois et regardez, les créanciers sont à nos portes.


Et Chhoti Bahu ? demanda Bhoothnath.
– Elle est avec Chhote Babu ; il est paralysé... maintenant, il est alité toute la journée. Il paraît que c'est l'alcool...
– Je vais lui rendre visite.
Bhoothnath entra silencieusement dans la chambre.
– Chhoti Bahu...
– Oh, Bhoothnath ? Tu es revenu... alors rends-moi un service dit-elle en titubant. Achète-moi de l'alcool, ça me remettra d'aplomb.
Elle ôta un de ses bracelets.
– Tiens... pour payer...


Les remarques de Bhoothnath n'eurent aucun effet sur Chhoti Bahu qui était maintenant dépendante de l'alcool.
Majhle Babu, qui avait entendu la voix de Chhotti Bahu écoutait, pensif.
– A qui parle-t-elle, demanda-t-il à un serviteur.
– C'est l'ami du précepteur, Bhoothnath.
– Hmm...

Après le départ de Bhoothnath, Chhoti Bahu rejoignit son mari alité.
– Je vais aller voir un sadhu qui est en ville. On dit qu'il fait des miracles. Je suis sûre qu'il vous guérira, j'en suis sûre. Je vais revenir très vite.


*
*   *

Bhoothnath arriva dans le jardin de Suvinoy Babu où Jaba étendait le linge.
– Jaba, je viens de rentrer... J'ai bien pensé à toi, là-bas.
– Moi aussi, j'ai pensé à toi, fit-elle d'un air dégagé. Tu sais, j'ai retrouvé une vieille lettre dans les papiers de Baba. Elle donne le nom et l'adresse de celui auquel on m'a mariée quand j'avais un an. Là, regarde... Atuli Chakravarty... Tu le connais ?
– Peut-être... répondit Bhoothnath, pensif, je vais vérifier.

*
*   *

Majhle Babu, qui fumait tranquillement, était assailli par ses hommes de main.
– Nous n'avons plus rien à faire depuis des jours, firent-ils en chœur.
Le maître avait son idée. Il ôta une bague qu'il leur donna d'un air entendu, pour les payer.


*
*   *

Chhoti Bahu et Bhoothnath prirent place dans la calèche louée par Bansi et partirent consulter le sadhu.
En chemin, Chhoti Bahu pleura sur le sort de son époux pendant que Bhoothnath ne pouvait que l'écouter.


Soudain, elle changea de sujet :
– Bhoothnath, pourquoi ne te maries-tu pas ? Tu ferais un bon mari.
– Mais... je suis déjà marié, Chhoti Bahu.
– Toi marié ? Mais quand ?
A ce moment, la calèche s'arrêta brusquement, et des hommes en ouvrirent les portes. Ils assommèrent Bhoothnath et tirèrent vers l'extérieur Chhoti Bahu qui résistait en criant.


*
*   *
A l'hôpital, Bhoothnath eut la visite de Bansi qui lui raconta qu'il avait été renvoyé le jour même, et qu'il était maintenant porteur à la gare.
Majhle Babu avait abandonné sa demeure pour celle de sa belle-famille, Chhote Babu était mort... et Chhoti Bahu avait disparu.

Fin du flash-back

– Monsieur, monsieur, nous avons trouvé une tombe dans les ruines !
L'ouvrier sortit Bhoothnath du fin fond de ses souvenirs.
– Une tombe dans cette maison ? Montre-moi...



Ces bracelets... Chhoti Bahu... 


Bhoothnath se releva tristement et alla lentement rejoindre Jaba, son épouse, qui l'attendait silencieusement.




3 commentaires:

Dilip Ine a dit…

Trés beau travail, ça fait drôle de voir Guru Dutt sans moustache

yves a dit…

Bonjour,

Pour ceux qui se débrouillent en anglais, je me permets de vous renvoyer à mon commentaire de ce beau film: http://www.letstalkaboutbollywood.com/article-23679166.html
Bravo pour votre choix!
yves

Sally-Francois a dit…

Merci Yves, voilà qui va compléter le récit !

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